ombre chinoise du duo Rouquine en concert

Le duo Rouquine vient de sortir vendredi 26 mars 2021 le clip de son titre « Mortel ». Rouquine chante le spleen avec une ironie mordante, dans une langue explicite et poétique. Les mélodies sont obsédantes et la tête remue sur une électro-pop élégante. Le titre « Mortel », ils l’ont voulu comme une fête, la plus belle et la plus dingue. En fait, celle où on réunit tous ceux qu’on aime. La plus belle fête, parce qu’on sait que ce sera la dernière. Le site Ma Musique Communautaire vous en dit plus sur cette nouveauté musicale dans cet article.

Ces deux bruns dont l’un tire sur le gris chantent le spleen avec une ironie mordante, dans une langue explicite et poétique. Les mélodies sont obsédantes et la tête bouge sur une électro-pop élégante et racée. Les mots sonnent comme des percussions. L’amour, les mômes, la mort, le sexe… ça remue et ça fait marrer. Rouquine aime bien James Blake et Boris Vian, Alt-J et Orelsan. Jouant avec les codes urbains sur des thèmes actuels, Rouquine dépoussière la chanson et prend son public à contre-pied.

Rouquine : un scalp à deux têtes

L’une est celle de l’homme clavier/machines et chanteur Nino Vella, compositeur du duo :

« Après m’être hissé sur le piano droit de mes parents pour rejouer les musiques qui résonnent dans la maison, j’étudie au conservatoire de Cholet (49) ma ville natale, où je fais mes gammes sur Debussy ou Oscar Peterson. En grandissant, j’écoute aussi bien la chanson française de Renaud, le rap d’Eminem ou la pop néo-classique d’Agnès Obel. Aujourd’hui installé à Paris, il m’arrive de composer la musique d’un film, réaliser des chansons en studio pour de nombreux artistes allant de Nemir à Lord Esperanza en passant par Patrick Bruel ou Gauvain Sers, accompagner en live au piano des artistes tels qu’Yseult, Vianney ou Juliette Armanet. »

L’autre tête pensante est celle du chanteur et auteur Sébastien Rousselet :

« Influencé par le parcours de vie d’écrivains tels que Kerouac et Bukowsky ainsi que par mes racines paysannes, j’ai longtemps mis une main dans le cambouis tandis que je lisais de l’autre. J’ai parfois taillé le granite tout en écoutant Radiohead et Gainsbourg. J’écrivais des chansons, j’enfilais une blouse d’aide-soignant, puis je repartais en solo sur un festival avec ma guitare sèche. Après quelques années passées à Londres et en Bretagne j’ai atterri dans les vignes au sud d’Angers où je vis toujours. Aujourd’hui quand je ne suis pas en concert, j’écris des paroles de chansons, des nouvelles, des contes pour mômes, je monte des spectacles avec des détenus ou des lycéens et j’accompagne des groupes musicaux sur leur travail scénique. »

La rencontre des deux artistes :

C’est en 2010 qu’ils se rencontrent tous les deux chez un ami commun. C’est là qu’ils créent le groupe Babel avec deux autres musiciens. Ce quatuor s’inscrit alors dans une veine rock-électro française. C’est également durant les 8 ans d’existence de ce groupe qu’ils vont véritablement faire leurs armes en live avec quelques centaines de dates explosives. On peut compter deux passages aux Francofolies, deux tournées en Chine, un stade en 1re partie de Johnny ainsi qu’une signature chez Warner pour un album qui ne verra jamais le jour.

Le compositeur est donc devenu citadin, l’auteur vit dans les coteaux. Le premier a 28 ans, le second est son aîné de 16 ans et père de quelques mômes. Qu’est-ce que c’est que ce truc ? Ce truc a priori mal assorti va donc s’appeler Rouquine, afin de pousser à fond l’aspect incongru. Comme si la réunion de deux mecs plutôt hétéronormés ça donnait quand même du féminin, comme si leurs inspirations associées avaient créé un précipité de couleur rouille. Bref comme si ça faisait un peu tache. De rousseur bien sûr.

L’influence de l’urbain pour le duo Rouquine :

Influencée par l’urbain en général tant dans la prod que dans le texte, Rouquine a la mélodie généreuse pour parler des questions que soulève la parentalité d’aujourd’hui, de la relation humaine par technococon interposé (cc Alain Damasio) ou des dernières 24 heures d’un cancéreux qui au son du gimmick solaire d’un orgue hammond va profiter de cette ultime journée « comme un salopard ». Du sentiment, mais pas de sentimentalisme. Rouquine assume un ton grinçant, des mots écrits et crus pour traiter frontalement de thématiques peu entendues, mais avec la distance nécessaire. Nos deux voix qui s’entremêlent, feutrées et triturées permettent aussi de maintenir cette distance.

Voici le clip officiel version lyrics de « Mortel » du duo Rouquine :

0 réponses

Laisser un commentaire

Rejoindre la discussion?
N'hésitez pas à contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.